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Tiens tiens voilà la cinquantaine
Qui se pointe, tambour battant
Avec son cortège de peines
De joies, d'amour et de tourments
Un demi-siècle sur ma branche,
Le cheveu saupoudré de sel
Ce ne fut pas toujours dimanche
Ce ne fut pas toujours Noël
Ce ne fut pas toujours dimanche
Ce ne fut pas toujours Noël
Le
temps de regarder la vie
Le temps d'ouvrir un peu les yeux
La nuit que je croyais amie
Etend sur moi son manteau bleu
Le temps de contempler candide
Le rythme des quatre saisons
Sur le miroir des eaux limpides
Voilà que se ride mon front
Sur le miroir des eaux limpides
Voilà que se ride mon front
Heureusement
qu'un jour de pluie,
Ton parapluie croisa le mien
J'ai attendu que tu souries,
J'étais heureux tu m'as dit : viens
Un instant arrêter nos courses
A la fontaine des amants
Boire à deux à la même source
Jusqu'à l'aube du jour suivant
Boire à deux à la même source
Jusqu'à l'aube du jour suivant
A
marcher pendant tant d'années
Sur les chemins de la raison,
J'ai gaspillé ma destinée
Si ce n'étaient quelques chansons
Si ce n'était, ma tendre amie
Ta lèvre posée à mon front
En guise d'ultime embellie
En guise d'ultime horizon
En guise d'ultime embellie
En guise d'ultime horizon
Puisque
la question semble vaine,
Qui va donc arrêter le temps
Je vais de semaine en semaine
Compter les jours en reculant
Avec l'espoir, douce folie
Que nous serons encore présents
Pour souffler soixante bougies
Ou septante, ou peut-être cent
Pour souffler soixante bougies
Ou septante, ou peut-être cent
Tiens
tiens voilà la cinquantaine
Qui se pointe, tambour battant
Ses rhumatismes, ses migraines
Ses maux de dos, ses maux de dents
Un demi-siècle sur nous se penche,
Les cheveux saupoudrés de sel
Il faut se cramponner aux branches
Qu'il pleuve qu'il vente ou qu'il gèle
Il faut se cramponner aux branches
Qu'il pleuve qu'il vente ou qu'il gèle
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Mes
mots sont comme du bon pain
Mille fois frottés au pétrin
Puis cuivrés au feu de mon coeur
Mes mots sont comme ces fromages
Choisis aux plus beaux paysages
De France, de Navarre ou d'ailleurs
Sans attendre le panetier
Sans mander le grand échanson
Mordez à belles dents mordez
Venez goûter à ma chanson
Mes
mots sont comme jus de treille
Coulant du ventre des bouteilles
Rougeoyant au soleil du soir
Mes mots sont comme lait de chèvre,
Celui-là que l'on porte aux lèvres
Avant de se dire bonsoir
Sans attendre le panetier
Sans mander le grand échanson
Mordez à belles dents mordez
Venez goûter à ma chanson
Mes
mots sont comme miel d'abeille
Se voulant doux à votre oreille
Imprévus comme papillons
Mes mots sont comme des cerises
Dans leur robe de pourpre, exquises
Dans leurs atours de vermillon
Sans attendre le panetier
Sans mander le grand échanson
Mordez à belles dents mordez
Venez goûter à ma chanson
Mes
mots sont comme nourriture
Légers, pareils à la guipure
Je vous les offre en mon poème
Mes mots sont comme des baisers
A peine éclos, évaporés
Quand je vous dis que je vous aime
Sans attendre le panetier
Sans mander le grand échanson
Mordez à belles dents mordez
Venez goûter à ma chanson
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Il habitait le petit bois
Où nous allions jouer, enfants
Il ouvrait sa porte parfois
Quand l'hiver n'était pas clément
Alors on approchait les chaises
Au plus près du grand feu de braises
On se chauffait les doigts, les yeux
Tous prêts à écouter le vieux
(*)
Le vieux
Il commençait à chaque fois :
Enfants, il était une fois
Une fée, une Cendrillon
Il racontait et c'était bon
Il était vraiment merveilleux
Le vieux
Il
habitait le petit bois
Malgré les ordres des parents
On allait le voir chaque fois
Le souffle coupé par le vent
On se disputait une chaise
On s'approchait du feu de braises
Serrés dans nos tabliers bleus
Tous prêts à écouter le vieux
(*)
Il
habitait le petit bois
On oubliait nos cerfs-volants
Petit Poucet guidait nos pas
En semant des cailloux tout blancs
On se battait pour une chaise
Pour secouer le feu de braises
Pour s'installer à qui mieux mieux
Tous prêts à écouter le vieux
(*)
l
habitait le petit bois
Un soir mauvais quelques truands
L'ont passé de vie à trépas
Pour une pièce de vingt francs
Alors on a rangé les chaises
Eteintes la flamme et les braises
Mais quand nous nous fermons les yeux
Nous entendons encore le vieux
Le
vieux
Il commençait à chaque fois :
Enfants, il était une fois
Une fée, une Cendrillon
Il racontait et c'était bon
Il était vraiment merveilleux
Le vieux
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